La société serbe est très orientée vers la famille. Il existe une grande richesse de vocabulaire concernant les dénominations des divers membres de la famille, et il est très fréquent que les Serbes connaissent avec précision leur généalogie jusqu'à cinq ou six générations en arrière, ce qui était autrefois le meilleur moyen d'éviter la consanguinité dans les petits villages.

De tous les peuples slaves et des chrétiens orthodoxes, seuls les Serbes ont la coutume de la slava. Cette coutume pouvait également être trouvée au sein des Russes et des Albanais d'origine serbe, mais elle a souvent été perdue au fil des siècles. La slava consiste en la célébration d'un saint patron de la famille. Alors qu'en général, la plupart des traditions religieuses sont communes à l'ensemble d'un peuple, dans le cas de la slava, chaque famille célèbre son propre saint, qui est considéré comme le protecteur de la famille. Cette tradition remonte aux temps où les Serbes étaient païens, époque où chaque famille avait sa divinité protectrice. Comme pour tous les peuples européens, au sein desquels bien des traditions païennes ont été transformées en fêtes chrétiennes pour faciliter leur conversion, les Serbes ont pu conserver la tradition de la slava, finalement acceptée par Byzance, en remplaçant le dieu païen protecteur par un saint patron chrétien. La slava est transmise du père au fils et chaque foyer ne peut avoir qu'une seule célébration, ce qui signifie que la famille entière se trouve réunie en cette occasion.

Bien que beaucoup d'anciennes coutumes ne soient plus pratiquées, certaines, notamment celles qui entourent le mariage serbe, le sont encore aujourd'hui.

La danse serbe traditionnelle est une danse en cercle appelée kolo. C'est une danse collective, où un groupe de personnes (généralement plusieurs douzaines) se tiennent par les mains en formant un cercle, un demi-cercle ou une spirale, et en exécutant des pas de danse d'une complexité variable d'une région à l'autre. La même danse, avec le même nom, est aussi traditionnelle chez les Croates. Elle est également similaire à d'autres danses en cercle des Balkans, comme le oro macédonien ou la hora roumaine.

Les Serbes ont leurs propres traditions en ce qui concerne Noël. L'Église orthodoxe serbe utilise le calendrier julien révisé, ce qui fait que le Noël serbe tombe actuellement le 7 janvier du calendrier grégorien. Les Serbes célèbrent également le nouvel an orthodoxe le 14 janvier du calendrier grégorien .

La lettre rouge dans le calendrier. Certains jours au cours de l’année calendaire, l’Eglise a consacré aux évènements importants survenus dans la vie du Christ, ou bien dans celle de la Mère de Dieu, ou des grands Saints de l’Eglise. Le jour de la célébration de leur fête est marqué en lettres rouges dans le calendrier orthodoxe. Ce jour-là, les chrétiens orthodoxes ne travaillent pas, ou font carême, si les règles de l’église concernant le carême l’exigent. Lorsque l’occasion se présente, ils vont à l’église pour assister au service religieux, ils ne vaquent pas à leurs occupations habituelles dans les champs, l’atelier ou ailleurs. A la maison ne sont finies que les tâches absolument nécessaires, préparation des repas, etc. Naturellement, ceux qui travaillent dans des entreprises où les fêtes religieuses ne sont pas fériées, sont exempts de ces obligations. Mais, lorsqu’ils rentrent à la maison après le travail, il faut qu’ils fêtent ce jour en s’abstenant de faire des travaux habituels. Pour le jour de la fête patronale, chaque croyant qui a la possibilité de le faire, doit demander à temps le congé  à son employeur, pour pouvoir célébrer cette fête avec sa famille dans la paix.

Le dimanche de Pâques est la plus grande fête chrétienne, c’est le jour où le Seigneur Jésus est ressuscité des morts. C’est l’évènement le plus important dans l’histoire du monde sur lequel est basé le christianisme. Si le Christ n’était pas ressuscité, le christianisme n’aurait pas existé. La fête de Pâques est la fête des fêtes. A cause de cette importance, chaque dimanche au cours de l’année est consacré à la Résurrection. Le dimanche en russe se dit « résurrection » (voskressénïé). Donc, le dimanche est la fête de Pâques qui se répète au cours de l’année, c’est pourquoi le dimanche trouve sa place parmi les plus grandes fêtes chrétiennes. Dans notre peuple, dans certaines régions, les gens ont oublié l’importance de cette fête, et souvent ils travaillent le dimanche comme tous les autres jours de la semaine. C’est un péché grave. Encore dans l’Ancien Testament, dans le Décalogue, le quatrième commandement ordonnait : « Tu travailleras six jours, et tu feras ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Eternel, ton Dieu. » Le dimanche est ce septième jour, et les chrétiens devraient savoir que le dimanche est plus grande fête que la fête d’un Saint, plus grande que la fête de Saint Nicolas, Saint Georges, Saint Jean, etc. et que l’observation de cette fête et l’ordre divin et non un règlement humain.

Les fêtes votives, à part les fêtes établies par l’Eglise, existent aussi les fêtes votives, jours où certains croyants, ou toute leur famille, ou toute une région,  célèbrent ces fêtes et ne travaillent pas. Ces fêtes sont entrées dans le calendrier à cause des évènements qui ont eu lieu ce jour-là, et nos ancêtres les ont adoptées en tant que fêtes votives. Ce sont : Marie-Madeleine, Marina, grande-martyre d’Antioche de Pisidie , Saint Prokopïé, Saint Jean, etc. La célébration de ces fêtes est entrée dans la pratique et il ne faut pas le changer, car ces Saints sont devenus protecteurs de ceux qui les célèbrent.

Vendredi précédant les grandes fêtes – Dans certaines de nos régions, la population fête les vendredis qui précèdent une grande fête, comme par ex. la fête de Saint Elie, Saint Nicolas, Saint George, celle de l’Exaltation de la Croix, etc. Quel regard porte l’Eglise sur la célébration du vendredi ? Comme chaque dimanche de l’année est consacré à la Résurrection, ainsi chaque vendredi est consacré aux souffrances du Christ sur le Golgotha. Chaque vendredi rappelle le Vendredi Saint. A cause de cette symbolique probablement, nos ancêtres se sont abstenus du travailler les vendredis précédant les grandes fêtes, afin de commémorer l’agonie du Christ sur la Croix, et de Lui montrer leur respect. L’Eglise n’a pas ordonné de fêter les vendredis, elle a seulement prescrit de faire carême tous les mercredis et vendredis, étant donné que le mercredi aussi est consacré à la Passion du Christ. Mais cette observation ancestrale des vendredis précédant les grandes fêtes religieuses, au cours du temps, est devenue une sorte de serment. Quelle attitude adopter aujourd’hui en ce qui concerne l’observation de ces vendredis ? Le mieux, c’est que ceux qui observaient ces jours, continuent de les observer, et ceux qui pensent qu’il ne faut pas les fêter, travaillent. Il y des cas où certains ont essayé de renoncer à la tradition familiale de fêter le vendredi, surtout dans les villages, mais chaque fois qu’ils l’ont fait, ils ont subi des dommages sur leur propriété. Ce qui signifie que cette observation a pris force de serment. Le mieux, c’est d’agir selon son propre expérience. Il faut encore ajouter ici que l’observation du vendredi n’a rien à voir avec la supposition que cette pratique nous vient des Turques, étant donné que la mort du Christ le Vendredi Saint n’a rien de commun avec l’Islam.