Saint Jea, archévêque de Novgorod, y naquit de pieux parents, Nicolas et Christina. Il passa son enfance dans un environnement paisible.
A la mort de leurs parents, Jean et son frère Gabriel décidèrent de fonder un petit monatère en l'honneur de l'Annonciation de la Très Sainte Mère de Dieu, utilisant pour ce faire leur héritage.
Ils bâtirent au début une église en bois, mais peu après ils en firent aussi une autre en pierre. Leurs bonnes intentions n'étaient pas sans rencontrer de difficultés. Avant l'achèvement de l'église en pierre, les frères avaient épuisé toutes leurs ressources. Ce n'est que par leur foi vivante et infatigable qu'ils purent continuer ce qu'ils avaient entrepris. Ils se tournèrent vers la Reine des Cieux pour lui demander de l'aide, au nom de laquelle cette oeuvre plaisante à Dieu avait été entamée.
Grâce à leur foi sans faille et leur zèle, elle leur manifesta sa miséricorde. Dans une vision, elle leur dit que tout le nécessaire pour achever le temple leur serait fournit. Le lendemain matin, les frères virent un splendide cheval chargé de 2 sacs d'or. Personne ne vint le chercher, et les frères ayant pris les sacs, le cheval disparut. C'est ainsi que la Mère de Dieu était intervenue en faveur du monastère.
Lorsque le monastère fut achevé, sous la protection de la Mère de Dieu, les frères reçurent l'habit monastique du schème. Saint Jean prit le nom de saint Elie, et saint Gabriel celui de saint Grégoire.
Les Chroniques rapportent que saint Jean fut fait évêque en 1162. Sa première lettre pastorale fut adressée au clergé de son diocèse. Elle était empreimpte d'un touchant souci pour son troupeau, écrite dans un esprit de guidance paternelle : "Il a plût à Dieu et à la Très Sainte Mère de Dieu, à travers vos prières, que moi, homme insignifiant, je ne refuse pas cette haute charge, pour laquelle je suis indigne. Puisque vous-mêmes m'avez encouragés à l'accepter, je vous prie dès lors de m'écouter.." Le saint leur parlât de la vocation de pasteur. Il était soucieux pour son troupeau, ne voulant pas seulement châtier mais aussi guérir ceux qui vivaient dans le péché. "Au deébut de mon discours, je vous demande de ne pas vous attacher trop à ce monde, mais d'être plutôt instructifs pour le peuple. D'abord, veillez à ce qu'ils ne s'adonnent pas à la boisson. Vous savez bien qu'à travers ce vice, la plupart périssent, pas seulement le peuple mais nous aussi. Quand vos enfants spirituels viennent vers vous avec repentance, questionnez-les avec douceur. Il n'est pas convenable de leur imposer de rudes pénitences. Ne méprisez pas la lecture de livres, parce que si nous ne le faisons pas, alors qu'est-ce qui nous distinguera des gens incultes?... N'imposez pas de pénitences aux orphelins.. Que tout se passe convenablement, car le joug du Christ doit être léger."
En 1165 saint Jean fut élevé à l'archévêché (dès ce moment-là, le siège de Novgorod devint archévêché).
L'hiver de 1170 fut très difficile pour Novgorod. Les forces de Suzdal et leurs alliés assiégèrent la ville 2 jours durant, les gens de Novgorod ne voulant pas du prince Svyatoslav. Ils prirent aussi la taxe du disctrict de Dvina, à laquelle ils n'étaient pas soumis.
Le peuple de Novgorod se tourna en prière avec ses griefs vers Dieu et la Très Sainte Mère de Dieu, pour le salut de la ville. La 3ième nuit, pendant qu'il priait devant une icône du Sauveur, saint Jean entendit une voix lui ordonnant d'aller à l'église du Sauveur dans la rue Il'ina, de prendre l'icône de la Très Sainte Mère de Dieu et de la porter sur les murs de la vile.
Au matin, le saint rapporta sa vision au peuple et envoya son diacre avec le clergé à l'église du Sauveur pour aller quérir l'icône. En allant à l'église, l'archidiacre se courba devant l'icône et voulut la prendre, mais l'icône ne bougea pas. L'archidiacre retourna expliquer à l'archévêque ce qui s'était passé.
Alors le saint et toute l'assemblée partit pour l'église rue Il'ina et à genoux vinrent prier devant l'icône. Ils entamèrent un moleben [ office d'action de grâce et d'intercession ], et après la 6ième Ode du kondak "Protectrice des Chrétiens", l'icône bougea d'elle-même de sa place. Le peuple en larme s'écria "Seigneur, prend pitié!"
Alors saint Jean prit l'icône et avec 2 diacres la porta aux murs de la ville. Le peuple de Novgorod voyait la catastrophe arriver, car les forces de Suzdal et leurs alliés étaient prêts au pillage. La 6ième heure, l'assaut commença, et les flèches s'abattirent comme la pluie. Alors l'icône tourna son visage vers la ville, et des larmes coulèrent des yeux de la Très Sainte Mère de Dieu, et le saint les récolta avec son phelonion.
Les ténèbres tombèrent sur les forces de Suzdal, et ne voyant plus rien, elles s'enfuirent de terreur. Ceci eu lieu le 25 février 1170. Saint Jean établit un jour de fête solenelle pour Novgorod, le Signe de la Très Sainte Mère de Dieu (27 novembre).
L'armée de Suzdal causa de grands dégâts dans la région de Novgorod. Ici aussi, l'archipasteur ne demeura pas inactif. Il montra sa sollicitude paternelle envers les familles souffrant de la faim, et distribua de l'aide aux orphelins. Comme les autres hiérarques Russes, il calma et apaisa les luttes fratricides si douloureuses en Rus' par ses prières et ses vertus. En 1172, l'archipasteur séjourna à Vladimir pour réconcilier le prince André Bogoliubsky avec le peuple de Novgorod.
Le saint ne partagea pas seulement l'adversité de son peuple, mais il se soucia surtout énormément de leur illumination spirituelle. Saint Jean se dévoua beaucoup aux conversations spirituelles, qui avaient souvent lieu dans le cercle du clergé et des laïcs. On a conservé 30 de ses instructions concernant le Baptême, la Confession, la Sainte Eucharistie. Sa "Directive pour les Moines" est remplie de grandeur spirituelle : "Une fois qu'ils se sont mis en route derrière le Christ, les moines se doivent de vivre dans des lieux solitaires, comme actualisateurs de la vie spirituelle par la Croix, séparés de la vie mondaine. Qu'ils ne volent rien pour eux, et qu'ils soient entièrement dévoués à Dieu. Un moine doit toujours être un moine, en tout temps et en tout lieu, qu'il dorme ou soit éveillé il doit toujours se souvenir de la mort, et dans la chair, être comme sans chair".
"La vie monastique n'est pas faite pour guérir tout le monde de l'amour sensuel, comme le silence pour la colère, et la non-acquisition pour l'argent, et la tombe pour l'avarice. La vie monastique et la vie mondaine sont incompatibles, pas plus qu'on ne peut monter un chameau et un cheval en même temps. Le moine ploie son cou sous le joug du Créateur, et tire la charrue dans la vallée de l'humilité, afin de multiplier le fin blé par la chaleur de l'Esprit Vivificateur et de semer les semences de la connaissance de Dieu. Celui qui porte la bure noire n'est pas son propre maître; étant comme des dieux, prennez garde à ne pas vous pourrir en devenant mondains, ni de chuter des hauteurs comme Lucifer.. car la fierté hautière vient de la gloire humaine."
La puissance spirituelle de grace du saint était inhabituelle. Pour sa simplicité d'âme et pureté de coeur, Dieu lui donna le pouvoir contre les démons. Une nuit que le saint était comme à son habitude à la prière, il entendit quelque chose occupé à faire gicler l'eau du lavabo. Voyant qu'il n'y avait personne à ses côtés, il comprit que le démon tentait de l'effrayer. Le saint fit le Signe de la Croix sur le lavabo et maitrisa le démon. Fort vite, l'esprit du mal ne put pas supporter plus longtemps la prière du saint, qui le dévorait comme une flamme, et le supplia de le libérer du lavabo. Le saint accepta, mais en échange, il ordonna au démon de le transporter de Novgorod au saint Sépulcre du Seigneur à Jérusalem, et retour, le tout dans la même nuit. Le démon obéit à l'ordre du saint, mais supplia qu'il ne révèle pas cette honte.
Dans une de ses conversations, le saint explique à son troupeau qu'il connaissait un homme qui avait visité la Terre Sainte en une nuit. La vengeance de l'esprit malin ne fut pas longue à arriver. Il commença à cacher des affaires de femme dans la cellule du saint. Une fois, alors que des gens étaient venus à la cellule de saint Jean, le diable se transforma en femme et courut vers eux, comme s'il sortait de la cellule.
Le saint entendit parler de l'arnaque et demanda gentiment : "Que s'est-il passé, mes enfants, pourquoi tout ce vacarme?" L'attroupement indiscipliné, hurlant diverses accusations de vie perverse contre le saint, le poussa en le bousculant jusqu'à la rivière Volkhov. Ils le placèrent sur un radeau et le lachèrent au gré du courant. Mais contrairement à ce qu'ils attendaient, le radeau s'est mis à remonter à contre-courant, droit vers le monastère pour hommes de Saint-George, à 3 vesdres de Novgorod [ une vesdre = 1.067 m ]
Voyant cela, les gens devinrent honteux et en pleurant et criant, ils remontèrent le long des rives jusqu'au radeau, suppliant le saint de leur pardonner et de revenir en ville. Le coeur de ce simple archipasteur se remplit de joie, pas seulement pour lui mais pour son troupeau : "Seigneur, ne leur compte pas ce péché!" pria-t'il, et il leur accorda à tous son pardon.
Ceci eut lieu peu avant la mort du saint. Sentant qu'elle approchait, il quitta l'omphore de hiérarque et prit le schème monastique sous le nom de Jean, le même nom qu'il avait reçut à son Baptême. Il nomma son frère, saint Grégoire (24 mai) comme successeur. Le saint mourrut le 7 septembre 1186 et fut enterré dans l'église de Sainte-Sophie.
En 1439, on effectuat des réparations à la cathédrale Sainte-Sophie grâce au zèle de saint Euthyme: dans le portique de la chapelle de saint Jean le Précurseur, une pierre se détacha soudaint et craqua le scellé du tombeau qui s'y trouvait. Saint Euthème ordonna de retirer les panneaux brisés par la pierre, et le temple se remplit de parfum.
Dans la tombe, ils découvrirent les reliques incorrompues du saint, mais ne furent pas en mesure d'identifier de quel archipasteur il s'agissait. Dans sa cellule, saint Euthyme commença à prier Dieu avec ferveur, afin qu'Il lui révèle le nom du saint.
Cette nuit-là, un homme lui apparut, revêtu des habits de hiérarque, et dit qu'il était l'archévêque Jean, qui avait été trouvé digne de servir le miracle de la Très Sainte Mère de Dieu en honneur de son Signe.
"Je te proclame la volonté de Dieu", continua le saint, "qui est de célébrer la mémoire des archévêques et princes enterrés ici, les 4 octobre, et je prierai le Christ pour tous les Chrétiens". Sa mémoire est aussi célébrée durant la Synaxe des hiérarques de Novgorod le 10 février. En 1630, on établit aussi une fête au 1er décembre.




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