Saint Barthélemy était membre du choeur des douze apôtres. Aprcs la descente de l’Esprit saint le jour de la Pentecôte, il fut choisi par le sort pour aller precher la Parole de Dieu en Syrie et en Asie, avec le saint apôt re Phi l ippe. C’es t tantôt ensemble, tantôt séparément qu’ils parcouraient ces deux pays, lançant les filets de l’enseignement dans la mer du monde, et capturant les hommes en vue du salut. Un jour, alors qu’il visitait les provinces de Lydie et de Mysie en Asie mineure, le saint apôtre Philippe se trouva aux prises avec des gens furieux et indociles. Le saint Apôtre Barthélemy reçut alors de Dieu l’ordre de lui porter secours. Ce dernier prit aussitôt sur lui les efforts et les souffrances apostoliques de son frcre en Christ, dans l’unité de l’Esprit, comme le rapportent les actes du martyre du saint Apôtre Philippe. Comme la soeur de Philippe, la jeune Mariamne, suivait aussi son frcre, ils oeuvrcrent tous trois de concert pour le salut des hommes. Traversant toutes les villes de Lydie et de Mysie pour annoncer la Bonne Nouvelle, ils supportaient de la part des impies de nombreux malheurs et de grandes tribulations. Ils furent battus, emprisonnés, lapidés, mais la grâce de Dieu leur permit de traverser le temps des malheurs et des blessures, les gardant en vie pour poursuivre leur labeur de prédication. Ils parvinrent bientôt jusqu’au lieu ou prechait le disciple bien-aimé, Jean le Théologien, et reçurent de lui une grande consolation spirituelle. Archim andrite Cassie n Signature numérique de Archimandrite Cassien DN : cn=Archimandrite Cassien, o=VCO, ou, email=cassien@orth odoxievco.ifo, c=FR Date : 2009.03.02 09:09:32 +02'00' Par la suite, ils se rendirent r Hiérapolis en Phrygie pour precher le Christ. Cette ville était remplie d’idoles que les habitants adoraient, tant ils étaient aveuglés par les démons. Il y avait meme dans un temple r Hiérapolis une vipcre que les gens adoraient comme un dieu, lui offrant des sacrifices et de la nourriture. Ces insensés vénéraient en général beaucoup les serpents, vipcres et autres reptiles. Saint Philippe attaqua la vipcre de sa pricre. Aidé de saint Jean le Théologien, qui l’accompagnait encore. Cette pricre vainquit l’animal et le transperça comme une lance, le livrant r la mort par la puissance du Christ. Aprcs cet incident, le disciple bien-aimé quitta les trois compagnons, les laissant r Hiérapolis pour precher la Parole de Dieu. Par la suite, saint Philippe, saint Barthélemy et sainte Mariamne déploycrent un grand zcle pour chasser de la ville les téncbres du paganisme, répandant sur elle la lumicre de la vérité. Oeuvrant jour et nuit, ils instruisaient ceux qui étaient dans le leurre, ramenaient les insensés r la raison et remettaient les égarés sur la voie. A Hiérapolis vivait un dénommé Stachys, qui était aveugle depuis quatorze ans. Les saints apôtres lui ouvrirent les yeux du corps par leur pricre, et leur prédication eut tôt fait d’ouvrir aussi les yeux de son âme. Une fois Stachys baptisé, ils logcrent dans sa maison. La nouvelle de la guérison de Stachys se propagea dans toute la ville, et une grande foule se rassemblait chez lui pour entendre l’enseignement des saints apôtres sur la foi en Jésus Christ. De nombreux malades guérissaient et les démons étaient chassés. Beaucoup crurent au Christ et demandcrent le saint bapteme. La femme du proconsul de la ville, un certain Nicanor, avait été mordue par un serpent et gisait, malade, aux portes de la mort. Ayant entendu dire que les saints apôtres qui vivaient dans la maison de Stachys guérissaient toutes les maladies, elle se fit transporter auprcs d’eux par ses serviteurs, pendant l’absence de son mari. Comme Stachys, elle obtint elle aussi la double guérison du corps et de l’âme. De retour chez lui, le proconsul apprit de ses esclaves que sa femme s’était mise r croire en un certain Christ, que des étrangers prechaient dans la maison de Stachys. Entrant dans une violente colcre, le proconsul fit bruler ladite maison et arreter les saints apôtres. A cette nouvelle, de nombreux habitants de la ville se rassemblcrent, traîncrent leurs victimes r travers les rues en les battant outrageusement, et les jetcrent en prison. Un peu plus tard, le proconsul siégea au tribunal pour juger les prédicateurs du Christ, assisté de tous les sacrificateurs padens, et en particulier des adorateurs de la vipcre. Tous se plaignaient des Apôtres : «Venge, ô proconsul, le déshonneur de nos dieux ! Depuis l’arrivée de ces étrangers dans notre ville, nos autels sont désertés, les gens oublient d’apporter les sacrifices, notre déesse la vipcre a péri, et la ville se remplit d’iniquités ! Ne laisse pas ces mages en vie ! » Le proconsul ordonna qu’on dépouillât le saint apôtre Philippe de ses vetements en disant : «La magie est peut-etre cachée dans ses vetements !» Cependant, une fois les vetements ôtés, on ne trouva rien. On fit de meme pour le saint apôtre Barthélemy, sans plus de succcs. Mais quand il fut question de dénuder le corps vierge de sainte Mariamne, celui-ci se transforma sous leurs yeux, devenant comme une flamme de feu qui fit reculer les impies terrorisés. Le proconsul condamna néanmoins les saints apôtres au supplice de la croix. On s’empara d’abord du saint apôtre Philippe, auquel on perça les talons. Ensuite, on le lia avec des cordes et on le suspendit au bois devant le temple de la vipcre. Crucifié la tete en bas, il fut lapidé. Puis, comme on crucifiait le saint apôtre Barthélemy prcs du mur du temple, il y eut un grand tremblement de terre. La terre ouvrit son sein, engloutissant le proconsul, les sacrificateurs de la vipcre et une multitude d’impies. Tous, fidcles ou infidcles, furent saisis par la terreur. Les survivants implorcrent r grands cris les saints apôtres d’avoir pitié d’eux et de supplier le seul Dieu véritable que la terre ne les engloutisse pas r leur tour. Ils détachcrent promptement Barthélemy, mais ne purent faire la meme chose pour Philippe qui était pendu beaucoup trop haut. Ajoutons que la volonté de Dieu était que son apôtre passât par une telle mort de la terre au ciel, vers lequel ses pieds étaient déjr tournés. Ainsi suspendu, le saint apôtre Philippe priait le Seigneur pour ses ennemis, intercédant pour la rémission de leurs péchés, et demandant que les yeux de leurs coeurs fussent ouverts r la connaissance de la vérité. Le Seigneur se laissa fléchir par la demande de son fidcle serviteur, ouvrit r nouveau la terre, et en fit sortir vivants tous ceux qu’elle avait engloutis, r l’exception du proconsul et des sacrificateurs de la vipcre. Tous confesscrent le Christ d’une voix forte, loucrent sa puissance, et demandcrent le saint bapteme. Lorsqu’on voulut enlever saint Philippe du bois, il avait déjr remis au Christ son âme sainte. Quant r sa soeur, sainte Mariamne, qui avait gardé sans tache sa virginité, elle contemplait les souffrances et la mort de son frcre Philippe, baisait son corps avec amour, et se réjouissait en esprit qu’il eut si bien terminé sa course. Aprcs les supplices, saint Barthélemy baptisa tous les nouveaux croyants et ordonna Stachys éveque. Il enterra ensuite le corps de l’apôtre Philippe. A l’emplacement meme ou avait coulé le sang du saint, une vigne poussa trois jours plus tard, montrant ainsi que celui qui avait versé son sang pour le Christ jouissait maintenant de la joie éternelle de son royaume. Aprcs l’enterrement, saint Barthélemy passa encore quelques jours r Hiérapolis en compagnie de sainte Mariamne, pour affermir l’Église du Christ nouvellement rassemblée, puis ils se séparcrent. Sainte Mariamne partit pour la Lycaonie ou elle émigra bientôt vers le Seigneur. Quant r Barthélemy, il partit pour l’Inde ou il oeuvra assez longtemps, prechant le Christ r travers villes et villages, et guérissant les malades. Ayant instruit des foules immenses et organisé des Églises, il offrit aux indiens l’Évangile selon saint Matthieu qu’il portait avec lui aprcs l’avoir traduit dans leur langue. Il leur laissa également la version hébradque qui fut rapportée cent ans plus tard r Alexandrie par le philosophe chrétien Pantine. En quittant l’Inde, saint Barthélemy se rendit en Grande Arménie. Lorsqu’il arriva dans ce pays, les démons qui habitaient les idoles se turent définitivement aprcs avoir prophétisé r haute voix que saint Barthélemy les ferait souffrir et les chasserait. A cette époque, l’Arménie était gouvernée par le roi Polymy dont la fille était possédée du démon. Le démon s’exprimait par la bouche de la jeune fille, disant : «Ô, Barthélemy ! D’ici aussi tu nous chasses !» Entendant cela, le roi fit rechercher aussitôt cet inconnu. Quand le saint Apôtre se présenta, la jeune fille fut guérie sur-le-champ. En signe de remerciement, le roi envoya des chameaux chargés d’or, d’argent, de perles, et autres objets précieux. Mais le «pauvre en esprit» ne voulut rien accepter, et il retourna les présents avec le message suivant : «Je ne cherche pas r faire une telle acquisition ! Je paraîtrai grand devant mon Seigneur si je parviens r faire entrer au ciel ceux que je trouve !» Le roi fut attendri par ces paroles, crut au Christ avec toute sa maison, et fut baptisé par le saint apôtre, avec la reine, sa fille récemment guérie, de nombreux dignitaires et beaucoup de gens de modeste condition . A l’exemple du souverain, plus de dix villes reçurent le saint bapteme. Les sacrificateurs padens furent bien sur trcs irrités de ces événements. Ils accuscrent le saint apôtre d’abattre leurs dieux et leurs temples, d’exterminer leurs cultes et leurs moyens de subsistance. S’approchant d’Astyaguis, le frcre du roi, ils le convainquirent de faire périr l’apôtre pour venger les dieux. Celui-ci chercha le moment opportun, s’empara du saint, et le livra au martyre dans la ville d’Albanopolis, le faisant crucifier la tete en bas. Le saint apôtre se réjouit beaucoup de souffrir pour le Christ et, alors qu’il était pendu sur la croix, ne cessa pas de precher la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’il put jusqu'r la fin affermir les fidcles, et inciter les incroyants r se détourner des téncbres des démons pour courir vers la lumicre du Christ. Comme le bourreau ne pouvait supporter ses discours, il lui fit arracher la peau. Mais le saint apôtre supportait ce supplice comme si c’était un autre qui souffrait, et ne cessait de bénir et de glorifier le Seigneur. Le bourreau fit finalement trancher la sainte tete, laissant sur la croix ce corps dont les pieds indiquaient si bien quelle direction ils allaient emprunter. Ainsi s’endormit le saint apôtre Barthélemy, quittant les maux et les labeurs pour le lieu de repos exempt de douleur, pour la joie du Seigneur. Les fidcles qui assistaient au supplice décrochcrent le corps de la croix, et le déposcrent dans une chasse de plomb avec sa tete et sa peau. Cette chasse resta longtemps dans la ville d’Albanopolis en grande Arménie, ou les reliques de l’apôtre opércrent de nombreuses guérisons miraculeuses qui eurent pour effet d’unir de nouveaux fidcles r l’Eglise du Christ. Longtemps aprcs, les idolâtres de ce pays, jaloux des miracles qui se produisaient devant le tombeau du saint, s’emparcrent de la chasse de plomb contenant les saintes reliques et la jetcrent r la mer. Mais elle flotta sur les flots comme une frele nacelle, et vogua jusqu'r l’île de Lipari, au large de la Sicile. L’éveque du lieu, Agathon, eut la révélation de l’arrivée des reliques. Il partit en procession avec le clergé et le peuple vers le bord de mer. Tous s’étonncrent de découvrir une chasse de plomb qui, loin de s’enfoncer dans les eaux, avait parcouru un si long trajet. Glorifiant Dieu, ils prirent la chasse et les reliques et la firent entrer r l’église en psalmodiant de joie. Il est difficile de passer sous silence en racontant la vie de saint Barthélemy de ce qui concerne la vie de saint Joseph l’hymnographe. Ce saint avait reçu une part des reliques du saint Apôtre, reliques qu’il apporta dans son monastcre situé non loin de Constantinople. Il édifia pour l’occasion une église dédiée au saint apôtre. A cause de sa grande vénération, il fut souvent digne de voir en songe le saint apôtre Barthélemy. Il désirait ardemment parer la fete du saint de ses chants de louange, mais il n’osait pas, se demandant si cette oeuvre plairait au saint. Aussi pria-t-il avec zcle Dieu et saint Barthélemy, pour que lui soient données d’en haut bénédiction, inspiration et sagesse, afin de pouvoir mener r bien cette tâche sainte. Il pria et jeuna pour cela pendant quarante jours, en versant beaucoup de larmes. La veille de la fete, le saint apôtre lui apparut r l’autel, habillé de blanc. Tirant le voile de l’autel, il appela saint Joseph. Comme celui-ci s’approchait, le saint apôtre prit l’évangéliaire, le plaça sur sa poitrine et dit : Que la droite du Dieu Tout- Puissant te bénisse et que coulent sur ta langue les eaux célestes de la sagesse ! Que ton coeur soit le sicge de l’Esprit saint et que tes chants apportent la douceur r l’univers !» Ayant dit cela, le saint apôtre Barthélemy devint invisible et saint Joseph fut rempli d’une joie ineffable. Sentant en lui la grâce de la sagesse, il se prosterna de gratitude. A partir de ce moment-lr, il composa des hymnes d’église, des chants, des canons, avec lesquels il para non seulement la fete du saint apôtre Barthélemy, mais aussi les fetes de nombreux saints. Il honora surtout la Toute- Pure Mcre de Dieu et le saint hiérarque Nicolas, et remplit l’Église de si beaux chants qu’on l’honora du surnom d’hymnographe. Glorifions pour cela notre Sauveur le Christ, adoré avec le Pcre et le saint Esprit par toutes les créatures dans les siccles, amen ! Certains pensent que saint Barthélemy est le Nathanaël que Philippe amena au Christ. Nathanaël serait ainsi son nom et Barthélemy son patronyme (fils de Tholmée). Le nom de Tholmée était ancien et fréquent chez les hébreux (Cf. Josué 15, 2 Samuel 3). Cette thcse s’appuie sur les arguments suivants : dans l’Évangile, il n’est nulle part mentionné que Barthélemy ait été appelé r devenir apôtre, sauf si on le met r la place de Nathanaël . D’autre part, les trois évangélistes Matthieu, Marc et Luc, qui citent Barthélemy, ne citent pas Nathanaël, alors que l’évangéliste Jean, qui cite Nathanaël, ne cite pas Barthélemy. Saint Jean précise que Nathanaël secondait les apôtres r la peche et qu’il vit le Christ aprcs la Résurrection. D’autres pensent plutôt que Nathanaël doit etre identifié r Simon le Zélote, ou encore qu’il fut l’un des soixante-douze disciples du Christ.




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