L’année de naissance de saint Théodore n’est pas connue avec exactitude. Dans sa prime jeunesse, il reçut une certaine éducation et sut lire correctement. Elevé par ses parents dans la piété et l’amour de Dieu, il s’appliqua avec ferveur à la lecture de la Sainte Ecriture et des Vies des Saints. Il était plus particulièrement impressionné par les souffrances volontaires des saints et la grande patience dont ils faisaient preuve pour atteindre la béatitude éternelle. Quand il atteignit l’âge adulte, saint Théodore fut complètement embrasé par le zèle d’imiter les fols-en-Christ et il s’appliqua plus spécialement au jeûne et à l’abstinence. Il ne mangeait rien le mercredi et le vendredi1 et ne mangeait qu’après le coucher du soleil les autres jours. De plus, il était continuellement dans le temple de Dieu. Les paroles de saint Paul : «Nous sommes fous pour l’amour du Christ…» (1 Co 4. 10) pénétrèrent au plus profond de son cœur et, suivant l’exemple des saints ascètes, les fols-en-Christ, il choisit pour son propre salut la voie de la folie pour le Christ.
Ayant quitté la maison parentale et tous biens terrestres, il n’avait pas demeure humaine. Il marchait pieds nus et à demi-nu, même dans le froid et le gel les plus cruels. Si quelque pieuse personne lui donnait quelque chose, il le distribuait immédiatement aux pauvres. Beaucoup se moquaient de lui, l’offensaient en paroles et le battaient, mais il endurait tout avec grande patience. La nuit, quand les autres étaient en repos, saint Théodore s’adonnait à la prière. Il priait très ardemment pour la paix et la prospérité de la cité.
Nous avons vu dans la vie du contemporain de Théodore, saint Nicolas Kotchanov que saint Théodore atteignit un tel état de sainteté qu’il pouvait — lorsque cela servait les desseins de Dieu — marcher sur l’eau. Saint Nicolas et saint Théodore avaient, bien sûr, grand respect et grand amour l’un pour l’autre mais, ayant abandonné le confort mondain que constituent les amitiés, il feignaient d’éprouver l’un pour l’autre une haine amère afin d’amener les citoyens des deux districts ennemis de la ville de Novgorod à la componction et à la repentance. La grâce de Dieu fut encore révélée en saint Théodore, en d’autres circonstances. Il lui fut accordé le don de prophétie et, quelquefois, il marchait dans les rues, criant : «Economisez le pain» ! Son avertissement se révélait inévitablement correct et une famine ou une pénurie s’ensuivait bientôt.
Un jour, il s’arrêta au milieu d’un endroit à la population dense et il dit : «Ce sera vide ici. Ce sera un bon endroit pour planter des navets». Peu de temps après cela, un grand feu fit rage qui déblaya les sections de terrain exactes indiquées auparavant par le saint.
Connaissant le temps de son propre trépas, le saint salua ceux qu’il rencontrait dans les rues par ces paroles : «Adieu, je pars au loin». Et il passa la nuit entière en prière profonde. Il fut malade quelques jours seulement et puis, ayant communié aux Divins Mystères, il rendit à Dieu son âme pure, le 19 janvier 1392.
Il avait demandé à être enterré près de la place du marché et sa requête fut acceptée. Plus tard, une chapelle fut construite au dessus de sa tombe et là, de nombreuses guérisons eurent lieu. Ses reliques furent emmenées plus tard à la chapelle de pierre de l’église du mégalomartyr saint Georges, dans la rue Loubya. Très vite, un office fut composé pour le saint, dont la mémoire fut célébrée le 19 janvier, quelques années déjà après sa naissance au Ciel.




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